Mon enfant se fait-il intimider? Comment savoir et bien réagir?

03 Nov Mon enfant se fait-il intimider? Comment savoir et bien réagir?

Par Marie Marchand

Qu’est-ce que l’intimidation ?

L’intimidation est un comportement qui cause de la détresse chez le jeune qui en est victime;  un comportement qui peut être intentionnel ou non et qui a pour effet de blesser, nuire, isoler, menacer, contrôler ou punir l’autre;  un comportement où il y a un abus de pouvoir de la part d’un ou de plusieurs jeunes envers une personne et un comportement qui peut se produire une fois ou qui peut se répéter au fil du temps.

L’intimidation directe a lieu en présence de la personne qui en est victime par des gestes, des paroles et des actions qui sont clairement dirigés contre elle. Exemples : pousser, frapper, se moquer, abîmer du matériel, poser des gestes humiliants, faire des menaces par téléphone, par Internet ou menacer avec une arme.

L’intimidation indirecte a lieu en l’absence de la personne qui en est victime ou dans son dos, les comportements violents sont cachés, déguisés et plus difficiles à identifier. Exemples : répandre de fausses rumeurs,  ignorer, couper le contact, attaquer la réputation, convaincre les autres de ne plus parler à la personne, jouer de mauvais tours à l’insu de la personne,  chercher à nuire ou à détruire les amitiés ou un sentiment d’appartenance à un groupe.

La cyber intimidation est l’utilisation de la technologie, comme le cellulaire, Internet, Facebook ou autre, pour harceler consciemment une autre personne. Exemples : courriels de menace, site web où on déprécie l’autre ou diffusion de photos dans le but de ridiculiser.

Quels sont les signes révélateurs ?

En tant que parent, il faut être attentif aux changements soudains qui apparaissent dans les habitudes de vie de notre jeune. Certains signes devraient soulever d’importantes questions.

  • Vêtements déchirés, sales ou manquants (en raison de vol)
  • Difficultés à dormir
  • Changement soudain dans l’humeur; l’enfant est plus irritable ou malheureux
  • Perte du goût d’aller à l’école et recherche constante de raisons pour rester à la maison (les enfants intimidés sont jusqu’à 25 fois plus susceptibles de cumuler des absences selon des études)
  • Perte d’intérêt pour des activités pourtant généralement appréciées
  • Isolement social et virtuel
  • Chute soudaine et inexpliquée des résultats scolaires
Ne pas attendre pour briser le silence

Le meilleur ami des agresseurs est le silence. Certaines personnes sont même prêtes à se rendre très loin dans leurs actions pour que la victime d’intimidation garde le silence.
Le problème est que, aussi longtemps que le silence est maintenu, les personnes qui intimident sont à l’abri des conséquences de leurs actions et ne sont peut-être même pas au courant de l’effet dévastateur de celles-ci. Elles continueront alors à intimider et le nombre de victimes augmentera. Tout témoin d’un acte d’intimidation a donc le devoir de dénoncer.

Comme parent, que dois-je faire pour ouvrir le dialogue ?

1. Ne jouez pas à l’autruche et ne minimisez pas la gravité de la situation.
2. Ne paniquez pas et ne mettez pas la responsabilité sur les épaules de votre enfant. Il a besoin de votre soutien.
3. Recevez avec calme ses confidences, laissez-le dire tout ce qu’il a à dire. Posez des questions ciblées si vous voyez qu’il a du mal à verbaliser certains faits.
4. Écoutez-le sans lui faire la morale.
5. Une fois que tout a été dit, passez tout de suite en mode solutions.

Il ne faudrait surtout pas monter au plafond;  tenter de faire le médiateur entre votre enfant et celui qui l’intimide;  dire « t’en fais pas…, tu as couru après…, tu n’as qu’à te défendre… », courir à l’école faire une scène.

Certaines paroles d’encouragement pour le jeune qui a osé parler :
  • « Même si tu en as peut-être l’impression, la situation n’est pas désespérée. On peut faire quelque chose pour mettre fin au comportement qui te cause du tort. Je vais t’aider. »
  • « Tu n’es pas seul dans cette situation et, heureusement, plusieurs ressources sont là pour nous fournir du soutien. »
  • « En cherchant de l’aide, tu fais partie de la solution; alors que si tu t’isoles, tu fais partie du problème. »
  • « Tu as réalisé l’étape la plus difficile et la plus importante : parler. Si tu as été capable de faire ça, tu seras capable de faire le reste, crois-moi. »